25/04/2012

Quel vote centriste au deuxième tour

7747166805_vers-qui-se-tournera-le-vote-des-electeurs-du-fn-au-second-tour-de-la-presidentielle.jpgL’élection présidentielle française est un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Les deux candidats arrivés en tête au premier tour sont qualifiés pour le deuxième.
Le premier tour permet à chaque électeur ou presque de voir ses idées représentées.
Mes convictions centristes ne sont pas récentes, je les défends depuis que je suis en âge de voter. Ainsi à chaque consultation présidentielle, exception faite de 1995, j’ai pu faire un choix positif. Un candidat représentait convenablement mes idées, mes valeurs.
Ils n’ont d’ailleurs pas été nombreux puisque François Bayrou a porté la voie du centre dans les 3 dernières consultations.
Je n’avais aucun problème de congruence, et m’appropriais la plus grande part du diagnostic et des mesures proposées.
Mon expérience du vote de deuxième tour est beaucoup plus limitée. J’ai pour l’instant toujours voté blanc : ma compréhension de ce vote est de se déterminer sur un choix par défaut, le moins mauvais choix, le meilleur choix pour la France.
C’est le sens de nos institutions, c’est ce que fait Jean-Luc  Mélenchon : il estime que le meilleur choix pour la France est d’appeler à battre Nicolas Sarkozy.  Eva Joly appelle à voter pour François Hollande en faisant le choix d’une république un peu plus irréprochable, Les sénateurs de l’union-centriste appelle à voter Nicolas Sarkozy.

Nous devons à la veille du second tour soupesé deux questions importantes:
 1) La valeur des projets face à l’avenir de notre pays. Les lectures d’avant 1er tour permettent de renvoyer dos à dos deux candidats dont les programmes rivalisent de démagogie et passent sous silence les sacrifices que vont devoir faire les français dans un avenir proche. 
Ainsi, nous avons vu à l’œuvre pendant 5 ans, le nouveau candidat du peuple, nous savons ce que Monsieur Dette a produit comme effets négatifs, notamment pour la classe moyenne ainsi que pour la ruralité. Réservant aux plus riches les hausses de pouvoir d’achat, oubliant systématiquement la taxation des revenus du capital et cela malgré les efforts faits pour donner à l’opposition la clé de contre-pouvoirs : Cour des comptes ou commission des finances de l’assemblée nationale.
On peut également douter de l’adéquation du programme de François Hollande aux défis que va devoir relever la France. De plus si la mesure symbolique d’une tranche à 75% à cristalliser le débat peu de choses sont proposées sur la taxation des revenus du capital. Par contre il stigmatise  les revenus supérieurs à 6000€. Une fois de plus la « classe moyenne supérieure » sera la cible du renforcement des prélèvements, sans parler de la réforme du quotient familial.
Le bilan comparé des deux projets ne permet pas de déterminer un vote.  La responsabilité face à l’avenir du pays ne sera assumée ni dans un cas ni dans l’autre.

2) La seule voie de choix est la voie des valeurs. C’est sur cela que devront se déterminer les votes centristes.
Nicolas Sarkozy a raison, Marine le Pen est compatible avec la république : elle se range à ses institutions, elle ne prône pas son renversement, pourtant ses valeurs vont à l’opposé de celles du centre faites du humanisme et issues du personnalisme.  Voilà ce qui va me faire voter pour la première fois à gauche : les valeurs nauséabondes que Nicolas Sarkozy met sur la table dans une tentative désespéré pour sauver ce qu’il a déjà perdu depuis 5 ans.
Les valeurs de droite étaient respectables, celles que Marine Le Pen a digéré et qui sont régurgitées par Nicolas ne le sont plus. Attendons donc l’inévitable recomposition du paysage politique composé d’un pôle de la droite nationale qui regroupera l’aile droite de l’UMP et les moins extrémistes du Front national tandis qu’un mouvement du centre pourra se constituer pour continuer à dire la vérité aux français !
François Bayrou peut bien écrire aux deux candidats, leur réponse ne me semble pas déterminante pour faire un choix : Nos valeurs François ne peuvent pas tolérer un vote  Nicolas Sarkozy le 6 mai.

Les commentaires sont fermés.