13/11/2013

Que retenir du scrutin du 10 Novembre ?

 

Pleins de choses cette élection a été très riche en évènements. Le premier point à mettre en avant est que Genève sera gouverné par des « Rookies » encadrés par deux magistrats sortants dont un seul a siégé durant l’ensemble du mandat.  Une seule femme au gouvernement qui perd ses deux sortantes. Sans avoir déméritées, elles avaient hérité de Dicastères difficiles dont la mobilité pour Mme Künzler et la sécurité pour Mme Rochat, déplacée à la solidarité et à l’emploi à l’entrée de Pierre Maudet au gouvernement.

Politiquement, l’entente s’en tire plutôt bien par le nombre d’élu même si les scores furent en deçà de ce qui était attendu. Messieurs Maudet et Longchamp font course en tête largement devant le PDC, mais deux conseillers d’état pour un parti dont l’audience électorale ne cesse de décroître c’est inespéré. Cela remet même un peu en cause la théorie d’un système électoral suisse juste qui représente convenablement la répartition des suffrages. 
Je le dis d’autant plus facilement que le PDC est plutôt proche de ma famille de pensée. Que dire de la représentation du parti libéral qui, dissout au sein du PLR n’a plus de conseiller d’état. L’aile libérale du PLR n’a pas fini de fulminer.
Quant à la gauche, elle surnage après un premier tour catastrophique en passant deux élus. Je pensais qu’il était possible de placer trois élus. Il s’en est fallu de peu. Thierry Apotheloz échoue pour 1'200 voix. On peut se demander si son « coming-out » a eu un impact, j’ai tendance à le croire.
Une présence sur la liste d’un membre d’ensemble à gauche aurait peut-être suffi à récupérer ces voix. Mais n’entrons pas dans la politique fiction et penchons-nous sur l’élection d’un MCG au conseil d’état.   Voilà un parti qui est le deuxième de Genève et qui obtient un conseiller d’état, c’est bien la moindre des choses, si seulement cela pouvait être la même chose de l’autre côté de la frontière nous aurions peut-être vu les mouvements nationalistes ramenés  à leur juste représentation. C’est à mon avis une bonne chose que le MCG ait un conseiller d’état. Il faudra dorénavant passer du camps des yaka à la mise en place de solution. Et La principale solution du MCG c’est la préférence cantonale, M. Poggia sait bien que cette préférence est déjà souvent mise en place par les employeurs avec la bénédiction des institutions. On rapporte régulièrement des cas où le recrutement se fait de façon privilégiée pour des genevois. Aller plus loin sera impossible car poserait de gros problèmes au sein de la confédération,  si la préférence nationale est un problème dans le cadre des bilatérales, la préférence cantonale est un problème avec les autres cantons : vaudois et valaisans notamment sont nombreux à travailler au bout du Lac. Alors le MCG devra trouver de nouvelles idées et minorisé au sein d’un gouvernement à majorité bourgeoise, concilier le respect de la collégialité et le respect des engagements du parti sera un enjeu de taille pour le conseiller d’état MCG qui devra également s’affranchir de la férule d’Eric Stauffer plus que jamais « aiguillon de la république ». Un mandat passionnant attend les observateurs politiques

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