12/02/2014

Représailles, vraiment?

RTS la première - Journal de 6h

Le séisme de la votation UDC est toujours bien présent et ce matin j'entends régulièrement les journalistes parler de représailles de l'Union Européenne à l'encontre de la Suisse notamment en ce qui concerne la suspension des négociations de l'accord sur l'électricité, sur Erasmus ou sur les programmes de recherche.

Préalable important et prévention des commentaires qui ne manqueront pas de se déverser; je respecte totalement le système politique suisse et la décision rendue par le souverain ce 9 février. Mais il paraît difficile de parler de représailles: Les bilatérales sont un paquet de 7 accords techniques qui sont liés les uns les autres. La libre circulation des personnes est le principe fondateur de l'UE, il est donc transposé dans les accrods bilatéraux. Le peuple suisse n'en veut pas, il faut en prendre acte. Cela implique un certain nombre de conséquence dont certaines n'étaient pas mises en évidence avant la votation et que Bruxelles s'empresse de rappeler.

Parler de représailles me semble donc abusif, il s'agit de signaux agité par l'UE, pour rappeler que la libre circulation des personnes concernent également les Suisses vers l'Europe et pas seulement les Européens vers la Suisse.

10/02/2014

Et Maintenant?

Dimanche 9 février 2014 – Site de la tribune – 18h00

On avait bien senti que cela allait être difficile : les premières enquêtes d’opinion donnaient le non avec une avance appréciable tout cela s’était resserré dans les derniers jours pour finalement arriver à un score de quasi-parité en faveur de l’initiative UDC pour près de 20'000 voix.

Si l’on regarde la carte des votes on se rend compte que les cantons les plus internationaux ont voté non, mais que le Tessin a écrasé le résultat avec plus de 68% en faveur du oui. Les difficultés du canton d’outre-Gothard sont bien connues et certaines sections locales avaient milité en faveur du oui, pour que les spécificités locales soient reconnues mais que dire des votes massifs du canton de Schwyz par exemple ou le nombre d’étrangers est limité.

On ne peut que constater les inquiétudes du peuple suisse, le divorce d’avec ses élites qui pour la plupart ont milité en faveur du non. On peut également se demander ce qui va se passer ensuite car personne ne conteste l’intérêt des bilatérales pour la confédération, de plus des négociations complémentaires devaient commencer sur plusieurs objets notamment l’accès au marché financier européen.

Aujourd’hui, les accords bilatéraux sont morts, c’est un fait. L’UE voudra-t-elle négocier désormais ? Cela parait difficile, si lors du refus de l’entrée dans l’UE la question était claire, le peuple avait refusé d’aller plus en avant dans un processus d’adhésion.

Pour la votation du 9 février, la situation est très différente, le peuple revient sur un traité en cours et reprend la signature du conseil fédéral. L’accord doit donc tomber, entrainant un saut dans l’inconnu, une grande incertitude. Le marché n’aime pas l’incertitude, les entreprises non plus. Il va donc falloir être attentif dans les prochains jours aux signaux qui seront lancés.

Les optimistes nous rappellent qu’après le non de 1992 à l’UE, on prédisait pluie de corbeaux, peste et choléra à la Suisse. Cela s’est finalement bien mieux passé qu’annoncé grâce à la voie bilatérale que le souverain suisse vient de clôturer.

J’ai peur qu’il soit difficile d’inventer une troisième voie à brève échéance. Je ne vois pas bien comment tout cela peut fonctionner sans empiler des couches administratives difficilement gérables. Si le but de l’UDC était de faire passer un message c’est un plein succès, tout le monde à bien compris. Charge au parlement et au conseil fédéral de trouver les moyens de la transposition. On a beau dire que c’est leur rôle, cela ne sera pas évident !