16/02/2012

HUG: trop c'est trop

Bernard Gruson, Directeur Général des HUG a donc jeté un pavé dans la mare ce n'est pas le premier et ce ne sera vraisemblablement pas le dernier.

Trop de Frontaliers dans le personnel d'encadrement:
Que dit-il pour étayer ce raisonnement: "sur 165 Responsables d'unité de soins 110 sont des frontaliers". D'après mon expérience du milieu hospitaliers une partie non-négligeable des responsables d'unité de soins sont des cadres infirmiers. Pour cette formation, la situation est très clair Genève forme environ 70 infirmières par an, on estime que les besoins du canton sont à 190 ou 220 voire 240. Déficit: 170 pour couvrir ses besoins Genève pille les écoles d'infirmières françaises frontalières dont Annemasse et ce sans bourse déliée.

Le recours dans ce cas là à l'office cantonal de l'emploi est inopérant il n'y a en effet pas beaucoup de chômage dans ces métiers.
Ainsi au HUG, en 2010  34% des collaborateurs sont français au total 47% viennent de l'Union Européennes , en 2004 48% des collaborateurs des HUG provenaient de l'union européenne, le taux n'a quasiment pas varié en 6 ans. 
110 des responsables d'unité de soin sur 165 sont frontaliers cela fait aux alentours de 65%. Une sur-représentation très nette donc, à modérer néanmoins car au sein du personnel soignant les frontaliers sont sur-représentés (aux alentours de 60%), alors si des résidents genevois se plaignent, effectivement le rôle du DG est d'écouter les plaintes de son personnel. C'est bien connu les DG gèrent leur entreprise en étant perpétuellement à l'écoute de leurs collaborateurs!

Maintenant, il s'agirait peut-être que Genève prenne des mesures pour augmenter le nombre d'infirmiers formés sur son territoire c'est en effet la raison essentielle du nombre de frontaliers aux HUG. Mais former des jeunes c'est coûteux, il est meilleur marché d'accorder des permis de travail de laisser payer la formation à d'autres. L'attractivité des salaires genevois faisant le reste.

Pour les médecins un mouvement inverse se produit. De nombreux fils/flles de frontaliers viennent faire leur première année de médecine à Genève, certains réussissent et restent sur la région. Genève forme donc des médecins suisses français et futurs frontaliers!

Le MCG va faire des cauchemars, pour l'instant il affabule et voit un lien direct entre le nombre de frontaliers aux Ressources Humaines et les recrutements qui en découle. Ce n'est pas simpliste du tout comme raisonnement, les frontaliers veulent coloniser Genève, Eric Stauffer c'est le David Vincent Genevois!

En tout cas, c'est maintenant clair Genève veut bien des frontaliers pour servir dans les restaurants, bistrots, comme aide-soignant ou balayeur à la limite infirmière, mais Genève a peur des frontaliers qui prennent du galon et encadrent des équipes.
C'est dommage et c
ela porte un nom c'est de la discrimination, les Français ont mené et mènent encore cette politique pendant des années avec leurs immigrés. Genève commence à avoir peur de l'avenir, certains politiques jouent sur cette peur, la scène politique française expérimente cela depuis 25 ans, il n'y a pas de raison que cela soit différent ici et  les frontaliers pourraient bien devenir la variable d'ajustement.
Attention quand même à  respecter les clauses des bilatérales! L'UDC souhaite les remettre en cause, aux HUG il semble que ce soit déjà fait. En tout cas souhaitons bon courage au management des HUG qui va devoir motiver les collaborateurs après les déclarations de Bernard Gruson.

Les réactions des politiques à ces propos sont intéressantes, au PS on les trouve absurde, chez les verts on cible en premier lieu la compétence, le représentant du PLR constate qu'en "période de crise la mesure de favoriser les locaux prend tout son sens" tout en constatant les effets pervers pour les genevois exilés en France" quant à la présidente de l'UDC elle différencie frontaliers ou pendulaires. Un pendulaire c'est un Suisse de la classe moyenne qui n'ayant pas les moyens de loger à Genève se déplace sur la France Voisine. Mais rassurer vous amis Genevois exilés dans cette région barbare l'UDC et le MCG continueront à vous permettrent de travailler à Genève.

Pour résumé Genève ne constuira pas de logements, ne créera pas plus de places dans les formations qui ne fournissent pas assez de diplômés. Et les genevois continueront à aller habiter chez les frontaliers qui leurs piquent leur boulot tout en continuant à voter UDC/MCG pour que leurs voisins ne deviennent pas leur chef!

Allez Amis G'nevois c'est pour rire, moi aussi j'aurai bien aimé vivre au bord du Lac, mais en 1998 vous préfériez avoir des frontaliers français au permis G que des résidents français au permis B. Les temps changent!  Les bouc-émissaire restent!

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